Archive for ‘décembre, 2015’

Fraternels

Jean-Luc Billet  Photographie

Ait Bougmez – Atlas – Maroc

« Aux gens d’une rive, ceux de la rive opposée semblent souvent des barbares, dangereux et pleins de préjugés à l’égard de ceux qui vivent sur le bord d’en face. Mais si l’on commence à passer le pont, en se mêlant aux personnes qui vont et viennent et voyagent d’une rive à l’autre, jusqu’à ne plus bien savoir de quel côté ou dans quel pays l’on est, on retrouve la bienveillance et le plaisir du monde. « 

Claudio Magris, Déplacements

Contre tous ceux qui, ici et ailleurs, cherchent à ériger des barrières entre les hommes, les peuples, les races et les religions.

Solitude

Vallouise - Ecrins

Vallouise – Ecrins

« De nombreux pratiquants déclarent accomplir de la sorte une approche spirituelle. Aller en montagne ne me fait pas cet effet. Ce n’est pas un rapprochement, c’est un éloignement de tout lieu, je monte pour tourner le dos. Ce n’est pas un point de rencontre avec les cieux ouverts, mais une nette séparation du sol. J’approfondis une solitude … »

Erri de Luca – Au nom de ma mère

image et mots

Jean-Luc Billet Photographies

Monsaraz – Portugal

En plongeant dans d’anciens dossiers de photos, on en revient parfois avec une image oubliée. Une image négligée à l’époque, qui a dormi là des années et qui, soudain, on ne sait pas pourquoi, vous fait signe. C’est le cas de celle-ci; prise seule, impossible de dire où, quand et pourquoi cette photo. Ce n’est que grâce aux métadonnées et au contexte des photos voisines que j’ai pu déterminer le lieu de prise de vue: Monsaraz au Portugal. Un village velouté de blanc sur une colline tabulaire offrant une vue en tous sens sur les étendues de l’Alentejo et les eaux d’un immense lac. Après la fournaise de la journée, une chambre fraîche donnant sur une délicieuse cour plantée d’orangers, garnis de fruits. Une flânerie « à la fraîche », appareil photo dans le sac, et sans doute une halte dans une chapelle en travaux. J’ignore pourquoi j’ai pris cette image à l’époque, je n’en sais pas plus aujourd’hui. Intérêt persistant pour la forme de l’arc en architecture? Connivence fortuite avec certains aspects de la peinture contemporaine? Evocation d’une histoire enfouie sous un blanc immaculé? Rien de tout cela à mon avis. Je ne peux pas dire que cette image me parle, elle ne me dit rien; disons qu’elle suscite un écho énigmatique et profond. Mettre des mots sur une image, c’est plus souvent, comme ici, mettre des mots à côté d’une image.

Appel

Jean-Luc Billet Photographies

Sud Vendée

« Les chemins sont innombrables car le monde ne cesse de nous parler et de nous tirer à lui. D’où un appel violent de la forêt, de la prairie, de la pierre, qui ne sont pas moi et que je veux approcher en désespoir de les devenir. Il faut supposer une certaine parenté, une similitude de nature entre le monde et moi pour que nous éprouvions le bonheur de marcher, que je sois par ailleurs enfant de l’air, du feu, des vents et des eaux. »

Pierre  Sansot  – Chemins aux vents