Dune

Jean-Luc Billet Photographies

Une dune face à l’Atlantique, instable, changeante, en perpétuelle métamorphose. Une dune qui offre son épiderme à la moindre influence extérieure, à celle de la pluie, du vent, des vagues, du gel… de l’homme aussi. Une dune qui enregistre, transforme, combine, modifie en permanence les accumulations, érosions, traces, empreintes, et transforme le tout en concrétions délicates et éphémères. Une dune qui se résigne au piétinement estival pour retrouver sa vraie parure à l’automne, et offrir son apparence la plus subtile lors des évènements climatiques de l’hiver. Ou, à l’opposé, en subir les assauts destructeurs, se délestant de milliers de mètres cubes de sable, lors de la tempête Xynthia par exemple, pour recharger la plage à ses pieds, alimenter les bancs de sable de l’estuaire proche, ou les abandonner aux courants marins.

Et avec ce sable qui s’imbibe d’eau, gèle en carapace, sèche sous le vent du large, s’écoule, s’agglomère, se fissure, s’écroule, glisse en plaques, se délite en dentelle, se creuse en canyons miniatures, c’est le temps qui passe, notre temps qui s’écoule inexorablement, notre fragilité …

Une série interrompue  par le confinement qui n’attend que la réouverture des côtes et des plages pour s’enrichir. (Le décisionnaire parisien ne semble connaître de la plage que cet espace concentré ou l’on étend sa serviette pour se faire rôtir au soleil, avec une densité digne de celle du métro aux heures de pointe. Pour beaucoup c’est bien autre chose: avant tout un espace de liberté où contempler, flâner, courir, photographier, surfer… en un mot communier avec les éléments, et la plupart du temps, à bonne distance de ses semblables!)

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