Dune

Jean-Luc Billet Photographies

Une dune face à l’Atlantique, instable, changeante, en perpétuelle métamorphose. Une dune qui offre son épiderme à la moindre influence extérieure, à celle de la pluie, du vent, des vagues, du gel… de l’homme aussi. Une dune qui enregistre, transforme, combine, modifie en permanence les accumulations, érosions, traces, empreintes, et transforme le tout en concrétions délicates et éphémères. Une dune qui se résigne au piétinement estival pour retrouver sa vraie parure à l’automne, et offrir son apparence la plus subtile lors des évènements climatiques de l’hiver. Ou, à l’opposé, en subir les assauts destructeurs, se délestant de milliers de mètres cubes de sable, lors de la tempête Xynthia par exemple, pour recharger la plage à ses pieds, alimenter les bancs de sable de l’estuaire proche, ou les abandonner aux courants marins.

Et avec ce sable qui s’imbibe d’eau, gèle en carapace, sèche sous le vent du large, s’écoule, s’agglomère, se fissure, s’écroule, glisse en plaques, se délite en dentelle, se creuse en canyons miniatures, c’est le temps qui passe, notre temps qui s’écoule inexorablement, notre fragilité …

Une série interrompue  par le confinement qui n’attend que la réouverture des côtes et des plages pour s’enrichir. (Le décisionnaire parisien ne semble connaître de la plage que cet espace concentré ou l’on étend sa serviette pour se faire rôtir au soleil, avec une densité digne de celle du métro aux heures de pointe. Pour beaucoup c’est bien autre chose: avant tout un espace de liberté où contempler, flâner, courir, photographier, surfer… en un mot communier avec les éléments, et la plupart du temps, à bonne distance de ses semblables!)

Vent de sable

 

Jean-Luc Billet Photographies

Quelque part sur littoral Atlantique, une immense plage de sable fin, des dunes, et un estuaire dont les bancs de sable sont remodelés à chaque marée…   C’était lors des tempêtes « Atiyah » (8/9 décembre 2019) et « Fabien » (21/22 décembre 2019). Une série en préparation.

Manière noire

Jean-Luc Billet Photographies

La « manière noire » est une méthode de gravure en creux directe sans intervention de produits mordants pour marquer le métal. A partir d’une plaque de cuivre poli, donc blanche à l’impression, on va réaliser un fin réseau de points, opération longue et complexe qui se fait avec un outil appelé « berceau ».  Au final si on devait imprimer la plaque après cette opération, on obtiendrait sur le papier un noir intense et velouté. Ensuite, à l’aide d’un grattoir, on va agir sur ce fond pour faire apparaître le sujet.  Chaque geste va chercher la lumière depuis le noir profond.

La « manière noire », c’est le monde de l’esprit à l’envers ou de l’envers du décor. C’est à dire qu’au fur et à mesure qu’on les fait émerger lignes et formes du fond, il faut sans cesse penser à leur influence sur le reste de la composition. La profondeur des noirs est riche et veloutée, les motifs créés se dégagent  progressivement de cette nuit.

Cette série photographique en cours s’inspire de cette technique et de cette idée. Dans un premier temps l’image de départ est traduite en noir et blanc puis fortement sous-exposée de manière à laisser simplement deviner le motif sous-jacent. Ensuite, grâce aux outils logiciels dédiés, lignes et formes peuvent sortir du noir, comme si un pinceau lumineux allait chercher les éléments dont il a besoin pour en laisser d’autres dans l’ombre, en fonction de ce que l’on cherche à obtenir et exprimer, et que résume assez bien cette citation:

« Au fond de la matière pousse une végétation obscure; dans la nuit de la matière fleurissent des fleurs noires. Elles ont déjà leurs velours et la formule de leur parfum. »

Gaston Bachelard – « L’eau et les rêves » -1942

Montagnes Blanches

Jean-Luc Billet Photographies

Montagnes Blanches – Crète – Octobre 2019

 

C’est une désert minéral suspendu à + de 2000m au-dessus de la mer de Lybie, au centre-ouest de la Crète. Le calcaire dominant, mais aussi le granite et la dolomie lui donnent cet aspect crayeux visible de très loin. Il n’est pas rare que les sommets présentent des formes de cônes parfaits qui aimantent le regard, parfois doublés en miroir, d’impressionnantes  dolines tout aussi coniques. En ces jours d’octobre la température y était clémente et l’atmosphère pleine de douceur. De nombreux nuages filaient, accrochant les sommets, s’attardant dans les creux, poussés par un vent de sud. Par les trouées de cette couverture nuageuse, le soleil projetait au sol des taches de lumières qui, en se déplaçant, modelaient le relief dans un renouvellement constant et rapide. Un régal pour le marcheur… et pour le photographe.

Vestiges

Jean-Luc Billet PhotographiesSculpture / Architecture / Construction ( Argile, Terre cuite, Sable ) – Installation ( sable, pigments ocres ) – Photographie ( Lumières) – Tirage et Photomontage.

« Dans le creux de la main, la terre mêlée à l’eau capte et enregistre les pensées qui passent. Patiemment, elle se construit en abri. L’air lui donne une présence provisoire, fragile, puis le feu lui offre sa couleur, son évidence. La terre dure rassure, comme un moment d’existence arraché à l’oubli. Dans le sable la trace passe. La vague, le souffle du vent ou un rayon de soleil l’érode et l’efface… elle n’est même plus un souvenir. Le sable s’obstine à couler entre les doigts ; il entraîne notre regard inquiet vers le sol où finit sa chute. Sculptures ?… peut-être pas. Terre et sable associée en quelques regards circulaires, voyages immobiles et silencieux d’architectures ruinées. Le temps y mène sa ronde à son rythme. »  ( catalogue CREART /  Exposition La Manufacture – Nantes – 1993 )

Vestiges imaginaires, en même temps que vestiges d’une activité artistique déjà lointaine. Sorties des caisses de bois où elles ont dormi pendant plus de 25 ans, ces « sculptures / constructions » ont retrouvé la lumière pour de nouvelles prises de vue puis ont été associées par photomontage aux décors réels ou imaginaires qui les ont inspirés.

Publication en Novembre /Décembre sur « Art Limited ».

Mercantour

Jean-Luc Billet Photographies

Salso Moreno – Haute Tinée – juin 2019

Juin dans le parc national du Mercantour… la neige zèbre encore les versants autour de « La Cougourde »….. le « Salso Moreno » prend des allures de terres inviolées sous le soleil du matin… le « Vallon de l’Alp » déroule ses draperies de vieux velours usées par le temps…  le « Pas de la Cavale » dresse dans le ciel ses murailles de forteresse…

En préparation, pour une publication prochaine, sous le titre d’ « Altitude »

Tassilis

Jean-Luc Billet Photographies

Sahara Sud Algérien – 2010

Les aléas de la géopolitique nous ont « privé de désert » depuis nombre d’années, en particulier de Sahara, plus fréquenté par les djihadistes que par les amoureux de la marche. Une frustration qui trouve un dérivatif par un retour sur des images peut-être vieilles de 10 ans, mais qui recèlent des trésors de souvenirs, de sensations et d’émotions. Découverte d’images négligées  au moment du premier tirage, ou jamais exploitées pour des problèmes de qualité. Les outils dont disposent maintenant le photographe permettent des prouesses pour corriger et restaurer ces images, en particulier les images argentiques qui, après scan du négatif, peuvent être exploitées avec toutes les ressources du numérique. Le tout avec l’ambition d’imprégner ce noir et blanc de la somptueuse lumière du matin et de traduire au mieux le sable sensuel et le grès oxydé (parfois caparaçonné d’écailles minérales). Et surtout rendre compte, à ma manière, de la quiétude éprouvée en ces lieux, de la rassurante plénitude liée au fait que, quelque soit la direction où l’on porte le regard, on est assuré d’y trouver douceur et beauté.

 Une autre manière de voyager… avec jubilation et ravissement!…

« TASSILIS », un album en préparation.

Erosions

Profiter de l’hiver pour partir en quête de nouveaux sujets photo… hum!… le froid, les intempéries … pas toujours envie… cocooning plutôt, bien au chaud, à la lueur de ses écrans d’ordinateur, avec Mark Lanegan ou Bertrand Belin en fond sonore… En contrepartie il est toujours possible de plonger au fin fond de ses dossiers, a la recherche d’images oubliées, négligées, là où l’on conserve les raw jamais tirés pour des tas de raisons, cadrage approximatif, surexposition, profondeur de champ mal gérée, mauvais réglage, ou plus simplement désintérêt au moment de la sélection. Prendre alors de temps de les reconsidérer et d’en extraire quelques-unes pour tenter de leur donner une seconde chance.

Jean-Luc Billet Photographies

Baie de Morlaix – Finistère – Bretagne.

Les premières images qui ont retenu mon attention portaient sur des roches granitiques photographiées sur les côtes bretonnes. D’où l’idée d’élargir ma recherche vers d’autres dossiers pouvant compléter cette idée d’érosion qui m’est chère depuis que je sais utiliser un appareil photo, et sans doute avant! Ma plongée s’est donc poursuivie dans les Alpes, les Pyrénées, au Portugal, en Espagne, en Grèce, dans l’Atlas, au Sahara et dans diverses îles atlantiques.

Jean-Luc Billet Photographies

Au nord de l’île de Santorin – Cyclades – Grèce.

Une fois les fichiers regroupés, restait un énorme travail de post-production pour réparer, modifier, valoriser. Nos outils numériques peuvent faire des miracles si on prend le temps de les apprivoiser et d’y consacrer du temps. Au départ une intention d’unité pour constituer une série: le noir et blanc et un format carré (mais à l’usage, certaines images se sont imposées en 4/3 ou 2/3). Mais aussi, au-delà de l’amélioration, une grande liberté d’interprétation, voire une part d’imaginaire née du souvenir de ces contrées minérales, de leurs histoires récentes ou millénaires.

Cette série « Erosions » est en cours d’élaboration. Elle sera probablement visible ici plus tard, après quelques passages sur blogs photo et autres plateformes de publication.

Lumière d’hiver

Jean-Luc Billet Photographies

Barrage du Tech – Val d’Azun – Pyrénées – 25 décembre 2018

Les neiges n’étincellent que sur les plus hauts sommets. Sur les versants, habituellement de toute blancheur en cette saison, les résineux font contraster leurs silhouettes sombres avec les fines découpes des feuillus qui dominent. Le tout mis en lumière par un soleil généreux. On aurait tendance à s’en réjouir, avoir l’impression de ralentir le temps avec ce retour à un automne chaleureux. Mais tout le monde sait qu’il faudrait plutôt s’en désoler!…